Adieu, mon amie.

La résilience est intrinsèque à l’oubli. La volonté même d’oublier contient en soi une forme de défaite, d’abandon, consentis ou non. Parfois, je me convaincs que j’ai réussi à t’oublier et à tourner la page des plus belles années de notre amitié. Autant de souvenirs et d’éclats de rire que nous ne revivrons plus jamais ensemble. D’autres fois, je me rends compte que j’oublie pour ne pas m’avouer cette sensation de défaite que ton abandon a engendré et que j’ai fini par cautionner. Il m’arrive même de penser que c’était mérité.

Si je suis certes devenue résiliente, l’absence causé par ton abandon, même l’oubli ne peut l’altérer. Le vide se creuse et je sens bien au fond qu’une part de moi est morte ce jour où tu m’as fermé à tout jamais la porte de ton cœur.  J’ai eu beau essayer d’y faire repousser nos plus beaux souvenirs ainsi que nos plus retentissents éclats de rires, mais la houle en mon cœur leur a donné un arrière-goût de salin.

Diluvienne n’est pas que la pluie, la douleur aussi.

Aujourd’hui c’est un nouveau chapitre bien plus sombre de notre histoire qui s’écrit et qui, marqué par ton égoïsme et ta lâcheté, s’ouvre telle une plaie béante en moi. Avant de te connaître, je n’avais jamais eu de sœur, mais devenir ton amie m’avait permis de trouver en toi la sœur que je n’avais jamais eu. Tu sais, je n’oublie jamais ceux pour qui mon cœur a battu à tout rompre, ceux pour qui à n’importe quel moment, j’aurais donné ma vie. Il m’arrive même d’espérer que tu penses encore à moi et que tu regrettes, ces non-dits que tu souhaitais taire à tout prix.

Pour la deuxième fois dans ma si courte vie aujourd’hui j’ai l’impression d’être orpheline, non pas d’un père cette fois-ci, mais d’une meilleure amie.

Où étais-tu quand mes châteaux de sables s’effondraient sous le poids de la houle? Où étais-tu quand la cavité se remplissait et que seule, je me noyais? Bordel, où étais-tu quand respirer sans toi sous les côtes me brûlait, en moi, tout annihilait?

Je m’étais jurée de ne plus t’écrire, le poids des souvenirs ces dernières années a déjà drainé bien trop de mon humanité, de ma sensibilité. Je m’étais jurée de devenir résiliente, pour de bon, sur le passé que je tirerais un trait. Mais une fois de plus c’est à travers l’écriture et l’écriture seule que j’arrive encore le mieux à apprendre à vivre sans toi. Je suis naît et morte tant de fois à travers cette plume que je n’en salue plus son efficacité cathartique.

Aux presque 20 belles années d’amitié que nous ne fêterons jamais. A nos souvenirs et à ces éclats de rire. Au bleu profond de tes yeux, au mordoré de tes anglaises et à cette complicité que je pensais inébranlable. Adieu, mon amie.

 

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2 réflexions sur “Adieu, mon amie.

  1. … Ton texte est si beau. Je ne te comprends que trop bien malheureusement. Mais d’autant plus que ta plume est très aiguisée et très fine. Ta pensée, tes mots, s’infiltrent jusque dans mon esprit. J’en ai presque pleuré en te lisant tellement tout ceci est criant de vérité pour moi aussi. Tu éclaires mon esprit embrouillé et mets des mots très juste sur la situation de par ton talent et ceci me fait également et égoïstement beaucoup de bien. Je suis là et je pense à toi. Merci ma Laure. ❤️

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